On ne parle jamais des trains qui arrivent à l'heure,
on ne parle pas beaucoup non plus des bonnes réformes. Politiquement incorrect
? Alors soyons incorrects : il y a de bonnes réformes et notamment une sur le
front de l'hôpital public en France. Elle s'appelle Nouvelle Gouvernance et est
en train de bouleverser le fonctionnement hospitalier dans notre pays. Sans entrer
dans tous les aspects de cette réforme très complète, je souhaitais vous en livrer
quelques morceaux choisis. Prodiguer des soins implique que l'on dispose
d'une compétence -celle du médecin- et de moyens -humains et matériels. Or, pendant
des lustres, l'organisation hospitalière au lieu de combiner ces deux éléments
les a dissociés. D'un côté, les médecins faisaient pression en exigeant tous les
moyens nécessaires à l'exercice de leur art -et ils avaient raison-, de l'autre,
les gestionnaires (alias "l'administration") répondaient que les ressources économiques
n'étaient pas illimitées - et ils avaient également raison. Les deux logiques
vivaient en des mondes parallèles. On se trouvait globalement dans une culture
de guerre de tranchées, avec régulièrement quelques chocs frontaux. Dans l'exercice
de mon métier, j'ai même rencontré des situations tout à fait curieuses où le
Médecin élu Président de la Commission Médicale d'Etablissement par ses pairs
simulait de mauvaises relations avec son directeur administratif -avec lequel
il s'entendait pourtant parfaitement bien- pour garder toute sa légitimité auprès
de ses confrères. C'est dire le climat de confiance et d'harmonie qui régnait
! Depuis quelques années, un certain nombre de professionnels (gestionnaires
et médecins) ont compris qu'il était indispensable de s'associer pour bâtir et
proposer ensemble des stratégies d'établissement cohérentes et partagées. Il fallait
absolument recombiner le médical et l'économique, c'est le principal apport de
la Nouvelle Gouvernance. N'hésitez pas
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